Planifier son congé parental
2012-02-03 | Aucune pathologie | Services complémentaires et professionnels
Par Vincent Simard, B.A.A., Pl. Fin
Conseiller en solutions financières et planificateur financier
La venue d'un enfant dans une famille est un évènement heureux, qui amène tout de même sa part de contraintes. Pour la grande majorité des parents, le problème le plus évident est le manque de sommeil et la baisse d'énergie qui s'ensuit. Pour profiter pleinement de cette étape de leur vie familiale, les parents font souvent appel au Régime d’assurance parentale offert par le gouvernement, qui propose quatre différents types de prestations : maternité, paternité, parentales et d'adoption. Ce programme du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), procure un revenu de base pour aider les nouveaux parents à payer leurs factures quotidiennes. Malgré ces prestations, il faut prévoir une baisse de revenu évidente. Comment alors assurer la santé financière de la famille agrandie?
Avant même la naissance de l'enfant, les futurs parents devraient bien cerner leur coût de la vie, afin de pouvoir évaluer comment ils se débrouilleront par la suite. De plus, les objectifs en termes de durée du congé de chacun devraient être clarifiés. Il faut savoir qu’il existe deux choix en termes de régime, soit le régime de base et le régime particulier. Le congé de base offre des prestations de maternité pouvant aller jusqu'à 18 semaines, alors que les prestations de paternité sont limitées à cinq semaines. Le régime particulier, quant à lui, donne droit à 15 semaines pour la maternité et trois semaines pour la paternité. Les parents ont aussi l’option de se partager le congé parental : dans le cas du régime de base, ce partage se fera sur une période de 32 semaines; dans le cas du régime particulier, sur 25 semaines.
Une fois la durée des congés parentaux établie, il reste à vérifier le montant des prestations à recevoir du gouvernement. Les montants qui seront versés seront, en fait, un pourcentage du salaire de l'année fiscale précédente. Le régime de base, qui octroie un plus grand nombre de semaines de congé, verse évidemment un pourcentage du salaire plus faible que le régime particulier. Pour ces régimes, le salaire maximal sur lequel pourront être établies les prestations pour l’année 2012 est de 66 000 $. Donc, peu importe le salaire déclaré en 2011, il ne pourra en aucun cas être supérieur à 66 000 pour le calcul des prestations gouvernementales.

Voici un exemple :
Une mère ayant gagné 100 000 $ en 2011 et prenant 18 semaines de congé de maternité (régime de base) recevrait, en fait, 15 992 $ (66 000 $/52 semaines pour 18 semaines à 70 %). Afin de recevoir plus d'argent, elle pourrait, bien sûr, prendre la totalité des semaines parentales (50 semaines = 25 semaines à 70 % et 25 semaines à 55 % pour un total de 39 662 $). Il ne resterait alors que cinq semaines de paternité pour le père. Elle pourrait aussi décider de prendre moins de semaines de congé et choisir le régime particulier. Dans ce cas, le pourcentage de salaire sera plus élevé, mais elle devra retourner au travail plus rapidement. Il faut aussi souligner le fait que les prestations gouvernementales sont imposables, ce qui réduit encore davantage le revenu net du ménage. On comprend vite que la famille verra ses rentrés d'argent diminuer considérablement par rapport à l'année précédente, alors que les dépenses augmenteront à cause de la venue du nouveau bébé. Heureusement, certains crédits et subventions viendront alléger la facture.
Après avoir examiné les différentes possibilités, on a maintenant toutes les cartes en mains : le coût de la vie futur estimé ainsi que les revenus durant la période de congé. Il ne reste qu'à calculer le manque à gagner. Une fois ce calcul effectué, il faudra trouver le moyen de le combler. Il n'existe ici que deux options : l'épargne ou l'endettement. Idéalement, si l'arrivée d'un enfant est bien planifiée, il est possible pour un couple de faire des choix d'épargne cohérents. Pour débuter, le couple devrait graduellement diminuer – sans les arrêter! – ses contributions à son REER afin d'avoir plus de liquidités à sa disposition, lorsque requis, et utiliser un CELI ou un compte non enregistré pour ses épargnes. Il devrait également diminuer son horizon de placement en choisissant des investissements moins risqués, le but étant d’en minimiser la volatilité. Il serait fort malheureux qu'au moment du retrait, les sommes placées aient subi des variations à la baisse, ce qui pourrait entraîner un endettement.
Nous avons donc établi un plan général efficace, qui pourrait être utilisé par la plupart des ménages québécois. Le prérequis est cependant que la venue de l'enfant soit bel et bien planifiée, et non une belle surprise!
Lien URL  |