Formation du capital de démarrage

2012-01-17 | Aucune pathologie | Services complémentaires et professionnels

 

Par Maxime Demers
Conseiller en solutions financières
 
Répartition des actifs selon le stade d’accumulation
 
La répartition des actifs devrait être déterminée en fonction du stade d’accumulation dans lequel une personne se trouve. Chaque stade d’accumulation décrit la capacité que possède un individu d’accumuler un patrimoine à une époque donnée de sa vie professionnelle, et il coïncide avec une certaine fourchette d’âge. On dénombre quatre stades d’accumulation : le stade de formation du capital de démarrage, le stade de croissance de mi-carrière, le stade de consolidation préretraite et le stade de la retraite. 
 
Les caractéristiques que présentent habituellement les clients à chacun de ces stades peuvent servir à l’élaboration d’une répartition stratégique des actifs. 
 
Le texte qui suit concerne plus particulièrement la répartition des actifs pour chacun des trois premiers stades.
 
Formation du capital de démarrage
 
Le stade de formation du capital de démarrage correspond à la période qui s’étend du début de la vingtaine (en termes d’âge) jusqu’à 45 ans. L’objectif est d’accumuler un capital de démarrage suffisant pour constituer une base de croissance future. Le client a habituellement peu d’actifs à investir, beaucoup d’optimisme et un grand potentiel d’épargne.
 
Ce stade est le plus important pour le client, mais c’est aussi celui au cours duquel il est le plus vulnérable. Comme il ne dispose que de peu de fonds dans son compte, il peut facilement être détourné de ses objectifs à long terme. Il peut se mettre à penser qu’il ne sera jamais en mesure d’épargner la somme dont il aura besoin ou encore se décourager en raison des hausses et des baisses du marché. Les dépenses familiales et l’incertitude entourant l’évolution de sa carrière peuvent rendre cette étape encore plus difficile à traverser.
 
Le conseiller devrait évaluer que le stade de formation du capital de démarrage a pris fin lorsque le client a épargné le double du montant annuel qu’il estime retirer pendant la retraite. Par exemple, un client qui ne participe pas à un régime de retraite offert par un employeur pourrait avoir besoin, à la retraite, de 75 % de son revenu préretraite. S’il prévoit que les prestations gouvernementales constitueront 25 % de ce montant, le client doit épargner un capital suffisant pour lui fournir 50 % de son revenu préretraite. Comme la cible est d’épargner le double du montant annuel requis pendant la retraite, le capital de démarrage sera atteint dès que le montant épargné équivaudra la somme du revenu annuel actuel. Le client est ensuite prêt à passer au stade suivant.
 
Les clients qui participent à un régime de retraite offert par leur employeur n’ont pas besoin d’épargner autant pour financier leur retraite; toutefois, cette participation, jumelée aux changements de carrière beaucoup plus fréquents qu’auparavant, ne devrait pas empêcher de continuer à épargner. Dans un avenir plus ou moins lointain, cette épargne pourrait servir à concrétiser d’autres objectifs financiers, si elle n’est pas requise pour les besoins de la retraite.
La plupart des directives de répartition des actifs stipulent que les jeunes investisseurs devraient se constituer un portefeuille dynamique, composé de 70 % à 90 % de titres de participation puisque leur horizon de placement est éloigné.
 
Bien que l’horizon de placement soit un élément important, les facteurs psychologiques (humeur, attitude et réaction du client) sont, en réalité, encore plus décisifs à ce stade. L’épargne du client pourrait être encore modeste, mais elle représente les sommes qu’il a réussi à mettre de côté pendant toute sa vie. Les clients qui traversent ce stade ont tendance à percevoir toute perte de leur capital de démarrage comme majeure, et ce, malgré toute la diligence dont a pu faire preuve le conseiller pour éduquer son client concernant les placements à long terme.
 
Pour l’investisseur novice, le plus grand risque du stade de formation du capital de démarrage est de subir des pertes à court terme, qui pourraient l’effrayer et l’inciter à sortir du marché. Lorsqu’un tel événement survient, il faut parfois compter des années avant que la confiance de l’investisseur ne soit restaurée et qu’il consente à investir à nouveau, ce qui pourrait ne se faire qu’à l’arrivée du prochain cycle haussier. Le client peu expérimenté en placement est plus susceptible de prendre de mauvaises décisions basées sur ses sentiments. Une fois qu’il a acquis une certaine expérience, ce risque de décisions émotives s’atténue et devient plus facile à gérer.
Pendant le stade de formation du capital de démarrage, le facteur le plus important est de faire preuve d’une rigueur et d’une prudence constantes en matière de placement, et ce, mois après mois, et année après année. La faible volatilité qu’affiche un portefeuille prudent permettra à l’investisseur de développer sa volonté de continuer à investir. Une fois cette période cruciale d’établissement des assises révolue, le client sera mieux en mesure de composer avec la volatilité d’un portefeuille plus important et de saisir comment les marchés fonctionnent.
Croissance de milieu de carrière
 
Le stade de croissance de mi-carrière correspond généralement à la période allant de 35 ans à 60 ans. Lorsque les clients atteignent ce stade, ils ont une bonne idée de ce qu’ils veulent faire de leur vie. Une fois que leurs enfants ont terminé leurs études supérieures et quitté le foyer familial, ils disposent généralement de plus d’argent pour investir et, de ce fait, leur portefeuille peut croître plus rapidement. Pendant ce stade, l’accent est mis sur la poursuite de l’épargne et des objectifs à long terme.
 
Il ne faut pas faire abstraction de l’effet de la chance sur la croissance des portefeuilles pendant ce stade. Les marchés évoluent selon divers cycles, les tendances les plus longues, appelées tendances séculaires ou mégatendances, pouvant durer jusqu’à 20 ans.
À moins que le client ne soit un expert en synchronisation des marchés, un portefeuille plus dynamique n’améliorera pas le rendement à long terme, sauf si le client est chanceux. Et comme on ne peut escompter l’effet de chance, la répartition des actifs doit être maintenue et le portefeuille doit être rééquilibré une fois l’an ou à l’intérieur d’un an, si un changement survient dans la situation familiale et/ou financière du client.
 
Consolidation préretraite
 
Le stade de la consolidation préretraite correspond généralement à la période qui va de 55 ans à 65 ans. La majeure partie de la formation du capital, que ce soit par l’entremise d’un portefeuille de placements, de biens immobiliers ou d’une entreprise, est réalisée pendant ce stade. Normalement, l’objectif principal à ce stade est la préservation des fonds. Si le client travaille encore, ou s’il est retraité, mais n’a pas encore besoin d’un revenu périodique en provenance de son portefeuille, il existe une occasion d’augmenter la valeur du portefeuille selon le profil d’investisseur du client, ainsi que sa capacité à assumer le risque. Une augmentation pourrait lui permettre également de se constituer une succession de taille appréciable.
Il est important d’établir une répartition de vos actifs adéquate, selon votre stade d’accumulation. Il faut toujours garder en tête qu’il n’existe pas de solution d’investissement unique : chaque situation est du cas par cas!

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